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Le Château de Freudeneck
 
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Description  
Le château est construit en bout de crête sur une avancée du Schlossberg, à 390 m d'altitude. Un imposant fossé sec a été taillé dans le socle rocheux et isole le site sur ses faces Nord et Ouest. Les deux autres versants sont particulièrement abrupts et offrent une défense naturelle suffisante.

Plan du Château

cliquez pour une vue aggrandie
Isolé de la montagne par le fossé et la pente abrupte, le Freudeneck est considéré comme un petit château aux défenses sophistiquées. En effet, face au côté de l'attaque (côté de la montagne), Je constructeur a élevé un fort mur bouclier en blocs à bossage soigneusement travaillé. Ce mur a entre 3 et 5 m d'épaisseur. Il est renforcé vers le nord par le donjon cylindrique incorporé dans la maçonnerie du mur bouclier. La tour permettait ainsi une meilleure défense des courtines, sans pour autant faire saillie vers l'extérieur.
Derrière le mur bouclier se situaient les logis seigneuriaux. Ils n'étaient pas très développés, mais possédaient au moins trois niveaux.
La porte d'entrée au haut château était placée au sud du palais, toute trace a disparue, le mur d'enceinte étant totalement éboulé sur ce flanc.
En avant du logis seigneurial, et prenant appui sur les énormes blocs de rochers, existait une petite basse-cour.
Toutes ces dispositions montrent que le Freudeneck était avant tout un poste d'observation, servant de résidence, peut-être à un membre de la famille de Wangen. Il offrait les moyens d'une défense vigoureuse, le temps pour l'aide proche d'arriver afin de le débloquer. Nous sommes loin du type de château tel le Wangenburg qui avait plutôt le rôle de caserne.
Historique  
   
La typologie du château fait penser a une construction du milieu du XIIIe siècle, c'est ce que confirment les marques des tâcherons.
Un Wernlin de Froideneck apparaît dans les textes vers 1320 (le document n'est pas daté). On peut simplement en apprendre que le noble possède des biens à Westhoffen et qu'il est, probablement, "Burgmann", donc gardien du château de Freudeneck que lui a confié une autre famille. Il serait évi­demment intéressant de savoir quelle peut être cette famille. Le document ne nous renseigne pas.

Ce n'est qu'en 1356 que nous trouvons la première mention de l'existence du château. Les fils du chevalier Frédéric de Wangen rétrocèdent la moitié de leur fief du Freudeneck aux seigneurs von der Dicke qui en inféodent les frères Guillaume et Jean Haffner de Wasselnheim.
On peut donc supposer que le château fut construit sur une terre de l'abbaye d'Andlau, avec le consentement des von der Dicke et probablement par les nobles de Wangen qui en sont inféodés. Le rôle de cette petite forteresse, dominant parfaitement la route de la vallée de la Mossig, est évidemment de contrôler l'entrée des domaines forestiers de l'abbaye et en même temps de contrôler le trafic sur la route.
En 1362 nouvelle mention du château dans le livre des fiefs de l'abbaye d'Andlau. Nous y apprenons simplement que les avoués de l'abbaye, les von der Dicke, tiennent toujours la place en fief.
Quelques années plus tard, en 1373, les Wangen se séparent également de l'autre moitié de leur château de Freudeneck qui passe, par le biais des von der Dicke, en arrière-fief à Berthold Munch von Wildsperg.
Sous cette famille, en 1408, le château va connaître un épisode malheureux. Hans von Wildsperg, mit dem Bart (Jean de Wildsperg le barbu) s'est alors allié aux ennemis de la Ville de Strasbourg et commet plusieurs actes de brigandage contre des commerçants, ressortissants de Strasbourg.
A bout de patience, la ville organise le 12 septembre 1408 une véritable expédition punitive contre le château. Pas moins de 50 mercenaires, 24 arquebusiers, 60 artisans (charpentiers, mineurs, maçons), apportant un nombreux matériel, mettent le siège à la place. Hans von Wilsperg, ayant eu vent des préparatifs, s'est prudemment réfugié derrière les murs de la cité épiscopale de Saverne. Il laissait le château à la garde de deux hommes d'armes secondés par quatre paysans. Au château logeait également la veuve de Georg Haffner, l'ancien co-possesseur, ainsi que ses deux filles et quelques servantes. La place fut rapidement investie et prise. La dame Haffner et sa suite furent laissées en liberté. Plusieurs prisonniers purent être relâchés, et les vainqueurs accordèrent le libre départ aux défenseurs. Les mineurs creusèrent ensuite des sappes qui furent bourrées d'étoupes, puis on y mit le feu. Les bâtiments de la petite forteresse s'écroulèrent en grande partie.

L'orage éloigné, Hans von Wildsperg revint au château qu'il trouva en ruines. De rage il fit pendre les deux hommes d'armes; les paysans réussirent à prendre la fuite. Les Wildsperg élevèrent aussitôt des protestations et exigèrent des indemnisations de la part de la ville qui refusa tout net.
S
ur une éventuelle reconstruction du château, les avis sont partagés. Le Freudeneck apparaît encore plusieurs fois dans des actes. C'est ainsi que la ville d'Obernai prépare en 1454 une campagne militaire contre les châteaux de Nideck , Wangenburg et Freudeneck où un des Stettrneister dissident de la cité aurait trouvé refuge. On ne sait si cette campagne se déroula effectivement, mais le fait que Freudeneck y soit mentionné laisse penser à une reconstruction de la place après 1408.
En 1485, la moitié des droits relevant du château (il s’agit de propriétés forestières) sont tenus par Friedrich von Wildsperg; en 1514 les bois sont à Cornelius de Hanau qui est tuteur des enfants de Georg Haffner de Wasselnheim.
Les bois de Freudeneck sont alors exploités à outrance, car ils alimentent les fonderies de Westhoffen, grandes consommatrices de bois. Bientôt, d'ailleurs, les Hanau-Lichtenberg sont obligés de transférer les fonderies vers le nord en raison du coût élevé du combustible provenant des bois de Freudeneck.
Il existe une carte de
Daniel Specklin pour la haute vallée de la Mossig. Sur cette carte de 1579 le Freudeneck est encore représenté avec ses toitures. Peut-on en déduire que le château était encore habitable ?
Une observation attentive de la ruine montre par ailleurs des traces de restauration et de réemploi de matériaux. Ce serait donc là un argument en faveur d'une reconstruction.
Nous arrivons maintenant à l'année 1539. Les seigneurs co-engagistes des terres de Freudeneck vendent leurs droits à Sigismond Bock von Erlenburg (qui était déjà propriétaire du château de Romanswiller). Un grave différend va opposer ce riche patricien à la Ville de Strasbourg, au sujet des délimitations des propriétés forestières. En 1605 des gens au service d'Eucharius Bock surprennent un garde forestier de la ville et l'assaillent, le laissant pour mort sur le terrain. Ceci entraîne une longue série de procès et de querelles. Sous la pression des événements, l' abbesse d'Andlau, qui reste toujours propriétaire en titre du domaine forestier dont elle ne concède que la jouissance, retire aux Bock tous leurs fiefs de Freudeneck et notamment les forêts qu'elle inféode à Jean-Christian von Breiten-Landenberg. La famille recevra confirmation de l'inféodation en 1614 par l'abbesse Marie Ursule Reich von Reichenstein.
Les Breiten-Landenberg resteront en jouissance de ce fief jusqu'en 1691. En cette année, l'abbesse Marie Cunégonde von Beroldingen rachète les droits relevant du fief pour une somme de 1610 florins. L'abbaye d'Andlau restera dès lors suzeraine direct jusqu'à la Révolution.
U
n dernier fait se rattache encore à la ruine. Comme tous les châteaux, le Freudeneck cacherait un trésor. Ainsi, en 1870, un bûcheron affirma avoir découvert dans les fondations du donjon deux pièces de monnaie datant de l'époque romaine. L'une à l'effigie de l'empereur Maximin Hercule (250-310) fut remise au Musée de Saverne. Ceci laissa longtemps supposer que la tour du Freudeneck serait construite sur des fondations romaines. Cette hypothèse est aujourd'hui écartée.
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